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Journal de bord d'Adélaïde, herboriste et aventurière équestre ranchalaise.

Lors d’une balade sous la neige, alors que nous approchons de la fin de l’hiver 2025, et que je me questionne un peu sur mon avenir, me vient une idée d’aventure : je vais partir à la recherche d’un hameau à acheter dans les monts d’Ardèche !...et je vais y aller à cheval !...et je vais emmener ma copine Lou avec qui on partage quelques projets d’avenir ensemble !

Je l’appelle, elle est super partante, on se dit que partir en Mai, avec les genets en fleurs, est une bonne idée. Seul petit problème, elle n’est jamais monté à cheval. Ce n’est pas ça qui va nous freiner, me voila au mois d’avril, quelques semaines seulement avant le départ à donner des cours d’équitation en accéléré à Lou qui s’avère apprendre très vite.

Nous prévoyons de partir avec mes deux fidèles acolytes, Django mon hongre de 11 ans et Havane ma petite jument de 7 ans que j’ai déjà emmenés plusieurs fois en voyage et en qui je fais totalement confiance. Mon oncle Hilario nous prète sa jument Esmeralda qui n’a jamais voyagé et que je monterais moi, en espérant qu’elle s’adapte bien au périple. Lou prendra Django qui est un vieil habitué de mes aventures et Havane sera le cheval de bas, elle portera les bagages. Le voyage n’a pas de durée déterminée, nous n’avons pas tracé notre route, nous voulons aller la ou le vent et les rencontres nous mènent. Nous prévoyons néanmoins un retour avant Juillet.

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Mercredi 14 Mai 2025 Jour 1

Après un peu de retard pris dans les préparatifs, nous voilà tous les cinq enfin prêts pour plusieurs semaines de voyage à cheval dans les monts d'Ardèche. Il est 10h du matin, le soleil se cache un peu derrière les nuages, mais l’équipe est motivée. Premier objectif pour le pique nique du midi : le lac de Cublize.

Vers 14h, nous arrivons au point de rendez-vous. Des copains nous rejoignent avec le ravitaillement. On a seulement fait une dizaine de kilomètres mais en réalité on peut y voir les prémices du voyage à venir: il faut que les bagages tiennent bien, que les chevaux soient détendus mais motivés et que Lou se sente à l’aise. Et jusque la, tout va bien !

Après avoir mangé, on fait un petit point cartographie, on embrasse tout le monde et on repart à pieds pour une balade digestive le long du lac.

On traverse les dernières petites montagnes du Rhône. On passe juste au pied d'une immense éolienne, c'est impressionnant et bizarre mais les chevaux n'ont pas peur. Les trop rares forêts de sapins se faisant remplacer par les monocultures de jeunes douglas vont bientôt être derrière nous pour laisser place à des chêneraies bordées d'aubépines en fleurs et des grandes prairies mûres pour les premiers foins.

En fin d'après-midi, on commence à chercher de l'eau. Il y a plusieurs endroits très mignons où on pourrait s’arrêter pour monter le camp mais sans avoir fait boire les chevaux et sans eau pour nous impossible de s'arrêter, et puis encore trop proche des éoliennes et de leurs ondes. On finit par trouver un cimetière à 19h, aux Sauvages où on peut faire boire tout le monde. Et on s’arrête dans un petit pré fleuri vers 20h donc assez tard mais réhydratés et satisfaits de cette première journée.

On monte la tente, on accroche les chevaux en corde longue, on vérifie qu’ils aillent tous bien et on dîne frugalement. Cette petite première journée nous a bien fatigués. On se fait une petite tisane aux fleurs de trèfles et polygale (antidouleur pour les courbatures) et on va s’endormir sans difficultés.

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Jeudi 15 mai 2e jour de voyage

Ce matin, pré-réveil avec les oiseaux à 5h30, puis vraie sortie de tente à 8h. On quitte le camp à 11h, encore un peu d'entraînement sera nécessaire pour être efficace avec la préparation des bagages et le chargement des chevaux.

Une belle matinée ensoleillée nous accompagne jusqu'à un petit village où rien n'est ouvert. Mince, on comptait sur une boulangerie ou une épicerie pour notre casse-croûte du midi…

Finalement, on va demander au personnel du seul restaurant ouvert du coin, un gastro très chic, un morceau de pain à nous dépanner. Résultat ils nous donnent même un peu d'huile d'olive pour tremper notre baguette. Pique nique très sympa sous un magnifique tilleul centenaire.

On repart rassasiées mais on a coupé les chevaux dans leur sieste alors ce ne sont pas des foudres de guerre cette après-midi.
Enfin, ils ont encore assez d'énergie pour avoir peur des plaques d'égouts, des panneaux de signalisation et des moutons. Par contre les dix tonnes qui nous frôlent à 50km/h et les chiens qui nous hurlent dessus, ça va. Allez comprendre ?

Ce soir on est attendu chez Xavier, un vieux copain de la famille qui élève des chevaux. C’est d’ailleurs de chez lui que vient Django ! Je l’ai récupéré chez lui quand il avait 2 ans et ramené à pieds à la maison, c’était notre premier petit voyage, qu’est ce qu’il était lent !

On arrive vers 19h, à temps pour l'apéro. Il nous fait visiter son domaine en nous vantant les mérites d'une de ses vieilles ruines mangée par le lierre et les ronces, qui aurait soit disant un gros potentiel d'auberge pour notre futur collectif. Hm .. on y réfléchira hein.

Les chevaux sont lâchés autour de la maison, entre les poules et les vieilles voitures. On leur donne des grosses brassées d'orties séchées coupées quelques jours plus tôt, c'est très bon pour eux et ils aiment bien. Le coucher de soleil est magnifique ce soir.

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Vendredi 16 mai 3e jour de voyage

Ce matin on part vers 10h30, on s'améliore ! On prends pleins de jolis sentiers verdoyants, on traverse des rivières et des hêtraies, accompagnés d'un soleil chaud et d'un vent frais c'est le temps idéal.
Vers midi les bagages commencent à tourner, on s’arrête un peu en urgence pour le casse-croûte et remettre les sacoches droites. C'est un travail quotidien et de rude épreuve que de réussir à trouver le bon équilibre des bagages pour ne pas qu'ils tournent. Ça peut blesser le cheval et abîmer les sacoches. En plus on découvre qu'un pot de miel s'est ouvert dans la sacoche des victuailles.. on doit tout laver dans l'abreuvoir des vaches du champ d'à côté, seul point d'eau de la zone…

En fin de journée, on trouve un chouette coin dans une jolie forêt de chênes tapissée de mousse et d'herbe tendre, à côté d'un champ de foin ou le paysan a du trouver quelques crottins surprises le matin.. Et pile en arrivant une des cordes d'attache des sacoches de Havane craque et les bagages tombent au sol. Heureusement que ce n'est pas arrivé avant! Il faudra trouver une nouvelle corde demain. Pour le dîner de ce soir, Lou nous fait un délicieux dahl de lentilles corail et on se couche à la belle étoile.

J'ai voulu faire une expérience avec les chevaux : n'attacher que Django en espérant que les juments restent dans les parages sachant que c'est lui le "chef". Du coup je ne dors que d'un oeil, ou plutôt d'une oreille. Et ça ne loupe pas, au milieu de la nuit, après avoir entendu hennir plusieurs fois Django je pars chercher Esme et Havane qui se sont déjà bien éloignées pour les rapatrier au camp et finalement les attacher aussi. Expérience moyennement réussie mais tout le monde était la au petit matin, c'est ce qui compte !

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Dimanche 18 Mai 5e jour de voyage

Hier on s'est levé tôt parce qu'on voulait aller au marché de St Martin-en-haut qui était à 2h de la où on campait. Ensuite mon plan était d’emmener Lou au signal St André, un endroit ou je me souvenais avoir campé 15 ans plus tôt lors de mon premier grand voyage à cheval avec ma mère. On a réussi à partir à 9h30. Sur le chemin on a demandé de la corde à une maison pour réparer les sacoches de Havane. Le marché était très mignon mais à la sortie du village on est tombé sur une fête douteuse ou les individus locaux étaient déjà bien enivrés. Ça festoyait fort et ça n'était pas vraiment l'ambiance guinguette, musiciens et ouverture d'esprit qui aurait pu nous séduire. On est vite passé devant, les chevaux ont eu peur, d'autant que les voitures roulaient très vite dans le village et que les fêtards criaient en s’approchant de nous. Plus haut, sur la route que nous fumes obligés d’emprunter pour rejoindre notre objectif, ce furent les agriculteurs en plein ensilage qui nous frôlaient les uns après les autres sans daigner ralentir. Pas très aimables. Drôle d'ambiance dans cette région...

Finalement on est arrivés au Signal St André à 15h, un spot magnifique, avec rochers, chênes (décidément ils nous accompagnent ) et belle herbe, et vue sur Lyon et toute la vallée du Rhône. On a décidé de s'y arrêter pour passer l'après midi et nous remettre de nos émotions. On s’est fait un bon apéro en dessinant dans notre journal de bord une carte avec le chemin parcourut puis on s’est couché à la belle étoile. Vers minuit on s’est fait réveiller par un groupe de randonneurs nocturnes assez peu civilisés. J’ai surtout eu peur pour les chevaux, avec leurs lampes torches et leurs rires bruyants, mais heureusement les marcheurs ont passé leur chemin. On repart ce matin assez pressées de quitter cette région malgré tout jolie.

On passe une journée tranquille. En début de soirée on arrive dans un joli village du Pilat, et on décide de boire un verre et manger une glace dans le petit bar de la place. Au bout d'une heure les chevaux en ont marre, Havane baille et Django nous appelle en hennissant, manière de dire "bon on a pas que ça a faire nous".
Quelqu'un nous indique une aire d'accueil au bord d'une rivière proche du village pour camper. C'est parfait, il y a même des sanitaires.

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Mardi 20 Mai 7e jour de voyage

Hier matin, on est pas parti très tôt, on a fait un gros petit dej pour éviter de faire une pause le midi et essayer de bien avancer. On a pris une longue départementale sur laquelle on a tout croisé : motos, quad, Porsche,... Heureusement les chevaux ont été cool et n’ont pas eu peur.
Arrivés en haut on a longé un lac, des cyclistes nous ont indiqué un petit chemin sympa par lequel selon eux ça passait tranquille. Ça a été notre première grosse épreuve du voyage : tronc sur le chemin, sable mouvant dans la rivière, Havane qui ne voulait pas suivre. On a dû lui enlever les sacoches et faire la technique de "on part sans toi" pour qu'elle se décide finalement à franchir la rivière. Tout s'est bien fini mais on a mis 1h pour faire 1km…

Le soir on était épuisé, on a été accueilli par un collectif à st Julien. On a pu mettre les chevaux sur une belle parcelle d'herbe et planter la tente à côté. On a décidé d'y rester un jour, car comme dirait dieu, le 7e jour, on se repose.
Du coup le programme d’aujourd'hui c'est d’aller au marché dans le village voisin (à cheval quand même car c'est notre seul moyen de transport, mais à cru cette fois, ça fait du bien), et l’après midi, sieste pour tout le monde. On en profite aussi pour faire un peu de lessive et se laver les cheveux.

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Vendredi 23 Mai 10e jour de voyage

Mercredi on a traversé Annonay (parce que le collectif ou on avait passé la nuit nous a dit que c'était sympa par la piste cyclable ) et c'était chaud. L'entrée en ville ça allait, c'était effectivement une piste assez agréable mais une fois au coeur (on voulait passer au magasin bio déjà qu'on était là), c'était l'enfer. On s'est retrouvés sur une grande route en pleine ville pile à l'heure de pointe au milieu des voitures pressées et des bus sur un tout petit trottoir. Esmeralda à pris peur, elle m'a embarqué au galop au milieu de la route, j'ai du lâcher Havane qui est partie de son côté, et Django en tête de file s'est mis à paniquer. Bref ça a été très cacophonique et les conducteurs ne nous ont pas aidé (personne ne s’est arrêté pour nous aider à ralentir la circulation).

Heureusement quelqu'un a finit par nous indiquer un parc par lequel on a pu passer. Plus de peur que de mal, mais la sortie de ville a été sportive aussi. Pas vraiment d'autres possibilités que de prendre la départementale truffée de virages et limitée à 90. Les gens étaient tellement pressés en nous doublant que plusieurs ont failli se rentrer dedans. Un gars nous a dit plus loin qu'il y avait un accident par semaine sur cette route tellement elle était dangereuse. Bon, Annonay à cheval, plus jamais.

Heureusement le soir on était attendu par un groupe de copains qui vivent dans un hameau vers Satilleu. On a pu poser les chevaux dans un pré d’ânes et on a été hébergées dans une petite cabane pas loin. Le soir même le collectif faisait une réunion-apero pour organiser un festival cet été, on y a été conviées et c'était très intéressant de voir comment ils fonctionnaient entre eux.
On a décidé de reprendre une journée de repos parce qu'ils annonçaient très froid (12 degrés) et qu'on était bien là bas et que les chevaux pouvaient se reposer dans de la belle herbe. On s'est fait des balades , on a écris, dessiné , mangé de la salade et des cerises et joué de la musique dans la yourte d'un de nos voisins. C'était très ressourçant !

Aujourd’hui on reprend doucement la route après avoir dit au revoir à nos nouveaux amis. On passe par de jolis chemins pleins de genets en fleurs et d’herbe grasse, on ne peut pas empêcher les chevaux de se régaler sur les talus. Ce soir on arrive à St Felicien, chez Lucile (c’est elle qui nous a donné le contact des copains chez qui on était hier). On est trop bien accueillis, on a le luxe de pouvoir faire une machine, prendre une bonne douche et lâcher les chevaux en liberté dans le pré des moutons. Demain on visitera notre premier hameau , une ruine encore un peu debout, avec du terrain et au bord d'une belle rivière. Ça pourrait potentiellement nous intéresser pour notre projet d'installation en collectivité. A voir, on en visitera d'autres avant de faire notre choix.

 

Lundi 26 Mai 13e jour de voyage Ça fait 2 semaines qu'on est sur les routes ! Après avoir quitté le Doux et ses monts verdoyants, on a rejoint l'Ardèche, ses ponts en pierres, ses rosiers en fleurs, ses odeurs de pins, ses cerisiers rouges et ses vues plongeantes. On s'enfonce dans la pampa ardéchoise au pas des chevaux. Les paysages sont de plus en plus sauvages, les villages de plus en plus beaux et les gens de plus en plus sympas.
Samedi on a visité la maison à vendre, ou plutôt les ruines, mais de jolies ruines. On a beaucoup aimé mais l’accès est assez limité pour l’instant. On garde quand même l’adresse dans un coin de notre tête.

Dimanche on est reparti requinqués et avec pleins de bons plans et de bonnes adresses délivrés par Lucile notre bonne fée,( il se passe beaucoup de choses dans le nord de l'Ardèche quand on a les bons contacts)! On est passé par une fête de village où on a rencontré plusieurs personnes qui nous ont partagé des expériences de vies en collectifs, des lieux à visiter et qui nous ont proposé de passer par chez eux. Du coup le soir même on avait une adresse ou aller, c'est agréable d'être attendu ! Après avoir dîné avec notre hôte, on a passé la nuit sur un chemin bien en herbe. Comme c’était déjà assez tard et qu’on prévoyait de repartir tôt le lendemain, on ne s’est pas inquiétés des potentiels marcheurs. En revanche je n’avais pas prévu les passants poilus, et au milieu de la nuit j’ai du aller calmer Havane en proie à des frayeurs probablement dues à un sanglier en cavale.

Aujourd’hui on visite une maison magnifique qui nous inspire beaucoup avec Lou. C'est un couple d'agriculteurs qui font du fromage de vaches qui se sont installés la et qui ont tout construit eux même. C'est immense, tout en matière naturelle (maison en terre paille, murs en pierres sèches, cabanes en bois) et fait avec beaucoup de goût, entouré de verdure, de fleurs et de fruits avec des petites cabanes cachées et un immense jardin. Le paradis ! On note pour notre futur hameau…

On nous indique un endroit au bord du Doux ou passer la nuit, c'est à coté de la voix ferrée mais heureusement il n’y a pas de train la nuit. C’est super joli et très calme. On profite de la rivière pour faire un peu de lessive et se laver. Ya pas de meilleure salle de bain qu'une rivière fraîche et sauvage. Ce soir on se fait une petite tisane avec des fleurs fraîches de sureau et de la menthe sauvage (diurétique et calmante) avant d’aller se coucher à la belle étoile.

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Mercredi 28 Mai 15e jour de voyage

Hier, après une fraîche mais bonne nuit - c’est pratique la belle étoile, le matin il n’y a pas besoin de plier la tente mais on se réveille parfois avec un peu de rosée sur les joues - on a voulut rejoindre le marché de Lamastre par la voie ferrée du petit train d'été mais ce n'était pas agréable pour les chevaux et un peu trop dangereux. Du coup on a pris les petites routes et pour une fois on est arrivés à l'heure au marché! On y a retrouvé une fille croisée deux jours plus tot et on a pris un café ensemble en mangeant des nems et des rouleaux de printemps achetés sur un stand du marché, c’était délicieux.

Notre départ de Lamastre était un peu chaotique, on est parti tard du marché, Django est tombé, il a glissé sur une plaque d’huile devant un garagiste et s’est ouvert le genou et je me suis trompé de route donc on s’est complètement perdus et on a du faire un immense détour. Mais bon, on a trouvé un petit coin d’herbe à coté d’une maison vacante au bord d’une rivière qui a très bien fait l’affaire pour la nuit. Le soir un petit renard est venu boire à la rivière, c’était trop joli à voir.

Ce matin on arrive à partir de bonne heure, et sur le chemin on croise un petit lama dans son pré. Ça effraie littéralement les chevaux qui nous embarquent au grand galop dans la direction opposée. Le pauvre lama veut juste se faire des amis. On rassure nos bêtes qui daignent finalement se rapprocher et même renifler le museau de l’inconnu. C’est très drôle à voir. A midi on a bien envie de se faire un resto mais on ne trouve rien d’intéressant et le grand village dans lequel on cherche est plein de travaux et pas très rassurant pour les chevaux. Tant pis, ça sera encore pique nique.

Cet après midi, on décide de tenter un GR qui à l’air sympa et que nous ont conseillés des marcheurs. Mais on se retrouve dans un sentier de montagne hyper étroit et pentu avec des gros rochers , très joli pour des piétons sportifs mais pas du tout adapté aux chevaux, comme je le redoutais.. Dans ce genre de situation la question du demi tour est toujours envisageable mais difficile de savoir si ce sera réellement moins pénible que de continuer et d'en finir au plus vite. On décide de continuer. Et ça se termine carrément par des escaliers en pierres. On est obligées d’enlever les bagages de Havane pour la laisser libre, c’est plus prudent, les sacoches rendent son équilibre trop fragile. Et on les descends à la main avec Lou. Les deux autres chevaux ont seulement le poids des selles donc ils peuvent gérer. On arrive tous en bas sain et sauf, on a tous eu peur mais heureusement personne n'a été blessé. Les chevaux ont carrément assurés, mais je ne veux plus leur faire vivre ça. Dommage pour les jolis GR mais c'est la sécurité des animaux dont on a pris la responsabilité qui passe avant tout.

On est tous épuisés après cette épreuve donc on décide de s'arrêter plus tôt que prévu. On a rejoint l'Eyrieux , on décide de s’installer à coté. On met les chevaux en corde longue, on fait un petit feu, on joue de la musique et on discute un peu sur la meilleure route à suivre pour la suite. Mon amoureux nous rejoint pour la nuit, il nous apporte des sushis et du champagne, miam.

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Vendredi 30 Mai 2025 17eme jour de voyage

On est entre Privas et Annonay, dans les montagnes sauvages de l'Ardèche. Ça sent bon la garrigue et le soleil chaud du sud qui nous a rejoint depuis 2 jours. Les chevaux n'en souffrent pas trop pour le moment parce qu'un petit vent frais persiste. Et nous on est ravies, on peut se faire bronzer en topless sur nos transats ambulants. On est doucement en train d'atteindre le point le plus au sud de notre voyage, vers Joyeuse, c'est un joli nom pour bifurquer.

Hier on a visité un éco-lieu, une ancienne usine à eau qui fonctionnait avec l’Eyrieux, immense, et maintenant habitée par un collectif, c’était très intéressant. On a longé une piste cyclable le long du fleuve, ça faisait du bien un peu de plat après toutes nos péripéties de la veille.

L’après midi on a eu bien chaud, vers 13h on a croisé une jolie rivière et on a décidé d'y faire notre pause pique- nique- baignade. On a bien avancé, on est passé par Genestelle, la vue était sublime. On a croisé un camping vers 19h, on y est allé pour leur demander de l'eau et tâter l'ambiance pour éventuellement y passer la nuit. Mais on s'est fait envahir d'enfants et de questions et comme nos batteries sociales étaient un peu à plat on a préféré continuer et se trouver un coin sauvage. Au final on s'est arrêté assez tard, vers 20h. On a trouvé un joli pré à foin avec une vue sur les montagnes, on a demandé aux gens qui vivaient à côté la permission d'y passer la nuit.
Ils étaient très gentils et comme on avait plus de gaz on a même pu utiliser leur cuisinière pour faire cuire notre soupe en sachet. Une découverte pour Lou que je suis ravie d'avoir convaincue! Soupe de bolet à laquelle j'ai rajouté quelques pointes d'orties, elle a adoré. Ce matin, les gens nous payent même le café, trop bien !

Du coup on repart sur les chapeaux de roues, direction Vals les bains , au dessus d'Aubenas. On fait pas mal de route, c'est pas top mais on a pas vraiment d'autres choix, les chemins sont rares ou escarpés dans les montagnes du sud de l'Ardèche.

Django est très à la traîne de manière générale et encore plus quand il fait chaud et que ça grimpe, Esmeralda avance bien, donc le rythme est un peu décousu. Et les chevaux commencent vraiment à souffrir de la chaleur alors on fait plusieurs pauses au frais. Une à la fraîcheur d'une église pour manger et une au bord d'une rivière pour se baigner.

La traversée de Vals les bains en fin de journée sous la chaleur moite est assez compliquée. Les chevaux sont fatigués et agités par le temps orageux et moi ça me tend alors je deviens un peu autoritaire pour rapidement sortir de la situation. Et puis ils commencent à avoir des hordes de moucherons et de moustiques et ça les rends très nerveux donc ça n'arrange pas les choses.. Heureusement, après avoir fait quelques courses dans un supermarché, on croise notre sauveur, un gentil monsieur qui nous propose de nous héberger nous et les chevaux dans sa maison à 2km de la. C’est magique, il a carrément une dépendance ou il fait frais, Lou et moi on se retrouve comme des princesses, il nous invite même à partager le dîner avec sa famille, adorable ! Ça fait du bien un peu de confort. On attache les chevaux sous leurs cerisiers, les pauvres sont encore pleins de moucherons, j’espère que ça va se calmer avec la fraîcheur de la nuit...

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Dimanche 1er Juin 19e jour de voyage

Hier on a fait une petite journée, la chaleur devenait insupportable et nos chevaux n’étaient malheureusement pas débarrassés de leurs moucherons. J’ai trouvé un camping et on s’y est installés dans l’objectif d’y rester deux jours. La rivière était juste à coté de notre emplacement, on a pu baigner les chevaux, ça leur à fait du bien. Mais dès qu’ils ressortaient, ils se faisaient à nouveau attaquer, les moucherons rentraient dans les oreilles, les piquaient aux mamelles, sous le ventre et autour des yeux, j’ai du les badigeonner de boue pour calmer leurs démangeaisons, c’était vraiment pas chouette pour eux. Heureusement, l’orage a fini par arriver avec la pluie et ça s'est calmé.

L’après midi on s’est posées pour faire nos carnets de voyage et nos aquarelles cartes postales, on a bouquiné au soleil, fait les touristes dans le village voisin. On y est allé en stop pour laisser les chevaux tranquilles. On a mangé des frites au camping et on est allé se coucher.

Aujourd’hui, il fait plus frais, ça fait du bien. Ce midi, on décide de se faire un bon restaurant. Et en se baladant à Joyeuse, pendant que les chevaux font la sieste au camping, on rencontre deux gars trop chouettes, Karl et Felix, qui vendent des peaux de moutons et des pulls en laine sur le festival de Joyeuse Escale. On sympathise, ils nous rejoignent au camping le soir pour partager un verre.

Mercredi 4 Juin 22e jour de voyage

Lundi, on a quitté le camping et on s'est installé avec Karl et Felix au bord de la rivière dans leur tente de princes du Nord, on a fait un grand feu et on a parlé projets de hameau, vie en collectivité et voyages. C'était très chouette. Mardi on est allé avec les chevaux à Joyeuse. Fonfon, un bénévole du festival nous avait proposé de nous accueillir sur son terrain. On s'est pas fait prier, on est jamais contre un peu de confort.

On a traversé la magnifique vieille ville de Largentière et on est arrivés chez Fonfon en fin d'aprem. Il nous a accueilli chaleureusement et on a passé une belle soirée avec lui et sa copine qui vit en yourte et qui n'a pas toujours eu la vie facile dans son village.

Pour aujourd’hui, ils annoncent encore de la pluie à la météo, alors on décide de rester.. beaucoup de jours de pause en ce moment, ça va être difficile de reprendre le rythme ! Mais en même temps cavaler sous la pluie c'est désagréable, alors quand on a un toit sur la tête et que les chevaux sont dans un pré, on hésite pas longtemps. En plus il y a le marché de Joyeuse ce matin (et on adore les marchés). On y va avec nos nouveaux amis qui sont ravis de chevaucher nos fougueuses montures. On a le temps d'acheter quelques légumes avant qu'une pluie torrentielle nous tombe dessus. On rentre au galop, c'est diluvien. On profite de la pluie de l'après midi pour écrire nos cartes postales, on va essayer d'en envoyer à tous les gens chouettes qu'on a croisés. Ce soir on mange des crêpes au chocolat devant un film, ça faisait des jours qu'on en rêvait avec Lou.

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Vendredi 6 Juin 24e jour de voyage

Hier on a quitté notre hôte et on est grimpé un peu dans les montagnes. On a eu du mal à trouver un endroit pour la nuit, un gars nous a proposé de nous prêter un pré pour les chevaux et nous mais il s’est avéré que c’était un parc très en pente, plein d’orties, assez mal barré et difficilement accessible. Résultat, Havane a paniqué alors que je l’avais attachée avec les autres pendant qu’on faisait le tour du pré, elle s’est enfuie, Django, ne la voyant plus a cassé son licol et s’est enfui également et ça m’a mis très en colère. Je n’aime pas quand la situation m’échappe et que mes animaux se mettent en danger inutilement. On a récupéré notre tribu, on a dit merci au monsieur et on est reparti à la recherche d’un endroit plus adapté. Et on a bien fait parce qu’on a passé la nuit dans un minuscule village d’une poignée d’habitants, à coté d’une magnifique église et de sa fontaine, sur un petit terrain plat et plein de belle herbe verte. Comme quoi parfois, il faut faire confiance au destin !

Ce matin on part assez tard, le temps commence à se rafraîchir. Lou a repéré sur la carte une chapelle dans un petit village perché sur un flan de montagne, on s’est dit qu’on irait bien la visiter mais sans les chevaux parce que le chemin d’accès est un GR et que vu le dénivelé ça à l’air assez escarpé. On doit donc trouver un endroit ou laisser les chevaux attachés quelques heures tous seuls. Vers midi on tombe sur une vraie auberge comme à l’ancienne, avec omelette aux champignons, carafe de rouge comprise dans le menu et grosse salade verte, trop bien ! Après le repas, on attache les chevaux derrière le resto, sous des bouleaux et on les libère de leurs bagages pour qu’ils puissent faire la sieste tranquille. Je laisse quand même un mot avec mon numéro de téléphone sur les bagages, bien en vue au cas ou il y aurait un problème. Puis on attaque le sentier en direction de la chapelle, on a bien fait de ne pas emmener les chevaux, il est effectivement très escarpé et plein de rochers glissants. On arrive au village, il est tout petit et magnifique, la vue est prenante. Après s’être ressourcées dans la chapelle, on va manger une glace dans le seul commerce ouvert puis on prend le chemin du retour.

Les chevaux ont été bien sages, ils n’ont pas bougé. On reprend la route tous les cinq. Vers 18h, on a toujours pas trouvé de coin sympa pour la nuit, on s’arrête chez des gens pour demander de l’eau, ils n’ont pas de lieux de camping à nous conseiller. Du coup on s’arrête une demi heure après sur un chemin, c’est pas l’endroit de rêve mais il y a un peu d’herbe pour les chevaux et juste assez d’espace pour planter la tente. Il commence à pleuvoir, la nuit va être humide.

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Mardi 10 Juin 28e jour de voyage

Ce week-end on s'est arrêté près de Langogne, dans un petit collectif de copains qui vivent dans des cabanes en pleine nature au bord de l'Allier. On s’est baigné, on s’est baladé, on a mangé des salades sauvages et on s’est prélassé au soleil, la dolce vita. Un dresseur de chevaux vivait pas loin, on est allé manger chez lui un soir, je lui ai parlé de mon projet de faire faire un poulain à Esmeralda. Il m’a confirmé ce que je craignais : une saillie ça coûte cher (entre 200€ et 1000€ , voire plus) et il faut du temps pour que la jument soit en chaleur et accepte l’étalon. J’avoue que dans mon imaginaire utopique je m’étais imaginé qu’on allait rencontrer un bel étalon dans son pré, seul et disponible, qu’on allait faire passer une nuit d’amour à ma jument en la mettant avec lui et que le lendemain matin on pourrait repartir avec un futur petit poulain en préparation. Bon, ça risque d’être un peu plus compliqué que prévu… Mais je continue d’y croire !

Un gars qu’on a croisé au camping quelques jours plus tôt m’a donné son contact : il a un étalon pas loin de Langogne, dans un pré avec des juments en pension pour saillies. Il m’a dit qu’il faisait payer la saillie 1000€ normalement mais qu’il pouvait me faire un prix. On va essayer d’aller le voir.

Hier Karl nous a rejoint , on a passé la soirée autour d’un grand feu, on a joué des instruments en chantant sous la lune, c’était très beau.

Ce matin, on prépare les 3 chevaux mais aucun ne sera monté aujourd’hui : Karl nous accompagne, du coup on mets son sac sur le dos de Django et on part tous les 6 à pieds. Il fait une chaleur moite, c’est étouffant. A midi on s’arrête à Langogne pour se faire un petit resto. Des passants nous questionnent, intrigués par les chevaux (comme souvent), et ils ne parlent que à Karl, comme si c’était lui le cavalier, pourtant on leur dit clairement que ce sont Lou et moi les voyageuses. Savent-ils qu’aujourd’hui les femmes peuvent voyager, et faire beaucoup d’autres choses sans hommes ?

On quitte le resto un peu tard, objectif de cette fin de journée : arriver chez l’étalon du gars (ou chez le gars de l’étalon). C’est une longue après-midi, Felix nous rejoint en cours de route, on commence à avoir mal aux pieds. On avait sous-estimé les distances, résultat on arrive à 21h. Le gars n’est pas là, il dit ne pouvoir nous rejoindre que demain.
Du coup je suis un peu frustrée de ne pas pouvoir mettre Esme avec l'étalon tout de suite. On le voit au loin, c’est un magnifique quarter horse gris bleu de 3 ans. Mais malheureusement Esme ne semble effectivement pas en chaleur : si ça avait été le cas, il serait venu nous saluer... En même temps il est déjà entouré de 5 prétendantes à satisfaire. On s’installe dans un paddock à coté du pré de l’étalon, on mets nos duvets dans la cabane à foin et on fait un grand feu en regardant la pleine lune se lever. Elle est énorme et rose. Je fais pleins de prières pour que ma belle jument me fasse un poulain un jour…

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Jeudi 12 Juin 30e jour de voyage

Le lendemain, Karl et Felix sont partis et avec Lou on a attendu des nouvelles du propriétaire du cheval. Il ne répondait pas beaucoup et on commençait à s’impatienter. Il me disait au téléphone que si l'étalon ne venait pas c'est que la jument n'était pas en chaleur. Il a proposé de me la garder un mois pour 500€ et que je vienne la récupérer cet été avec une assurance de poulain. J’ai réfléchi mais ça fait loin de chez moi et ça m’aurait fait de la peine d'abandonner Esme en plein voyage.

Du coup, après une courte délibération avec Lou, on à décidé de repartir avec les trois chevaux sous un soleil de plomb en direction du Lac d'Issarles.

Après une petite journée, on est arrivé au camping du bord du lac qui a accepté de nous accueillir avec nos compagnons poilus. On s'est fait une baignade bien méritée avec les chevaux, c'était trop bien, Lou a nagé pour la première fois sur Django. Puis on est allé manger une glace et boire des Spritz au village pendant que les chevaux pâturaient au camping.

Aujourd’hui, après une journée tranquille, on décide de s’arrêter faire de courses dans un super-marché. C’est toujours assez drôle d’attacher les chevaux sur le parking, les gens sont très intrigués. On se prend de quoi se faire un bon dîner et on refait quelques kilomètres jusqu’à trouverun chouette coin. Coup de chance, on tombe sur un endroit assez idyllique avec une source, de la belle herbe et un endroit pour faire du feu. On se fait un repas de fête pour notre 30e jour: viande, poisson, vin rouge. Ça me donne la force d'accueillir mes lunes rouges, jamais évidentes en voyage à cheval...

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Samedi 14 Juin 32e jour de voyage

Hier, on a fait une grosse journée pour pouvoir réduire celle d’aujourd’hui qui s'annonçait chaude. Le matin, on a trouvé des petites chanterelles dans les sous bois, c’est pratique à cheval on voit de haut ! Dans l’après midi, on s'est retrouvé coincés dans un champ parce que les agriculteurs avaient parqué le sentier dans leur terrain, résultat le chemin était barré, impossible de passer. Ça nous arrive trop souvent et c'est très désagréable. On a du faire demi tour et un grand détour pour finalement se retrouver sur de la départementale, pas le choix.

Un camion de bois nous a doublé à fond, Esmeralda à paniqué, elle est partie sur la route au galop, j'ai du lâcher Havane que je tenais en longe pour essayer de ralentir ma jument. Les voitures continuaient à rouler , c'était très dangereux. Je ne me souviens pas avoir eu affaire à autant de chauffards dans mes précédents voyages.. Bref tout s'est bien fini, merci notre bonne étoile. Dans l’après midi on a croisé une boite à livres dans laquelle il y avait « Les enfants de la terre » de J. Auel, un bouquin que je cherchais depuis des semaines, incroyable !

Le soir on s'est arrêté dans le village de Malataverne. Il y avait plein d'affiches qui annonçaient un vide grenier le lendemain matin. Alors on a passé la nuit dans un morceau de pré et ce matin on se lève tôt pour y aller. Il y a une belle selle western à vendre mais un peu trop abîmée malheureusement. Et puis je ne sais pas où je l'aurais mise de toute façon !

On prends un café et on repart sous un soleil déjà chaud. On est plus très loin de chez nous (enfin en distance voiture, à cheval il nous reste encore une petite semaine) , du coup cette après midi les copains de Ranchal on proposé de nous rejoindre pour le week-end, on est trop contentes !
Vers 14h on trouve un joli coin au bord d'un affluent de la Loire. On décide de s’y arrêter pour monter le camp. Il y a beaucoup de monde mais on peut quand même baigner les chevaux. C'est toujours tellement agréable de monter à cru, ça commence à me manquer. On passe l'après midi au soleil à bouquiner en attendant l'équipe de copains. Ils nous ont ramenés plein de bonnes chose à manger et à boire, on leur raconte nos aventures et on papote jusqu’au bout de la nuit, c’est tellement chouette de les revoir.

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Lundi 16 Juin 34e jour de voyage

Ça y est, on a définitivement quitté les cerises pour retrouver les fraises des bois. Ça va faire une semaine que l'Ardèche est derrière nous. On est passé faire un coucou à la Lozère avant de regagner la Loire.

Dimanche matin il a plu des cordes. C’était un réveil un peu difficile après la belle soirée qu’on avait passé. Le camp était tout en bazar parce qu'on était assez nombreux donc on a dû tout replier en vitesse sous les premières gouttes. On a mis tous les bagages dans les voitures et on a juste sellé Django et Esme. C'était un peu déprimant, on était fatigués et on commençait à avoir envie de rentrer à la maison, le petit coup de blues habituel des longs voyages... Et devoir plier les affaires mouillées et monter à cheval sous la pluie c'est vraiment pas top.
Mais heureusement on était pas seules. Les copains nous ont réservé une nuit dans un gîte à 4h de cheval de la, ils sont partis devant avec les bagages et nous on a fait les quelques km au petit trot. Après un pique-nique dans des sous bois humides mais ensoleillés, on a rejoint le gîte et on a dit au revoir à l’équipe. On a mis les chevaux dans un pré que les gens du gite nous ont prêté pour la nuit, sympa. On était tellement heureuses de passer cette nuit dans un vrai lit, de pouvoir prendre une douche chaude, faire sécher les affaires et regarder la télé. C'était vraiment tout ce dont on avait besoin !

Aujourd’hui on avance bien. On commence à avoir hâte de rentrer à Ranchal. Django a perdu un fer, ceux d'Esme deviennent très fins aussi. Du coup ça devient un peu compliqué, les chevaux ont mal aux pieds mais ça ne vaut pas le coup de les re ferrer à seulement 3 jours de la maison (ils sont toujours pieds nus le reste du temps). On marche beaucoup avec Lou pour les soulager et on fait un bandage en tissus à Django pour lui protéger le sabot nu mais ça ne tient pas très bien, on dirait qu’il a un pied bot c’est drôle.

On passe par les plateaux de la Loire, on aime pas du tout. Ça me rappelle l'Ain, avec ses grands champs de maïs et de blé et ses étangs d'eau stagnante pleins de moustiques. Le seul avantage c'est que c'est très plat et tout droit du coup on avance plus vite que dans les montagnes ardéchoises. On réussi quand même à trouver un joli endroit pour le soir, au bord d'un étang avec une table de pique nique, on se rend pas compte mais c'est le luxe pour nous de manger sur une table! J’arrive à joindre un ranch à quelques km de la, je veux toujours essayer de trouver un prince charmant à Esmeralda ! J'appelle la proprio, une fille bien sympa qui ne fait normalement pas de saillie en dehors de ses chevaux mais qui accepte de faire une exception pour nous, on a de la chance ! Elle a un bel étalon minorquin noir qui est disponible en ce moment, génial, je rêve d’un cheval noir ! (sans offenses Django…) Je me couche heureuse.

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Mercredi 18 Juin 36e jour de voyage

Hier on a bien avancé, ça commence à sentir bon le haut beaujolais. On a passé la nuit dans un bout de pré, on avait quasiment plus rien à manger, plus beaucoup d’eau et le spot était pas dingue, mais on fait plus les difficiles à ce stade de l’aventure.

Ce matin on doit traverser l'autoroute et on se retrouve encore sur des grosses départementales. C'est vraiment pénible mais malheureusement on a pas le choix. Des camions nous doublent encore à fond et ça fait encore paniquer les chevaux et on passe une fois de plus pas loin du drame...

Mais on survit ! Cette après midi on arrive dans le ranch ou nous attend le bel étalon. On rencontre la fille du ranch, elle s'occupe toute seule de 65 chevaux, je suis impressionnée, je sais pas comment elle fait avec ses barrières, moi j'ai déjà du mal à gérer 3 prés… On met Esme dans un box, c'est la première fois qu'elle y entre, elle a toujours été au pré. Du coup c'est un peu la panique, elle appelle beaucoup les autres, la pauvre elle est toute stressée et nous ça nous fait vraiment de la peine de l'abandonner la.. Mais ce ranch n'est qu'à 6h à pieds de chez moi donc au moindre problème je peux y aller rapidement. Et puis on va bien s’occuper d’elle ici et elle va même avoir un amoureux...

En fin d’après midi, après avoir dit au revoir à Esme, on repart donc dans une ambiance un peu triste à 4 au lieu de 5. Django et Havane appellent un peu leur amie mais ils sentent aussi qu'on se rapproche de la maison et ils ont aussi hâte que nous de rentrer.

On marche une petite heure (avec un cheval de monte en moins, tout le monde à pieds) , jusqu'à Amplepuis. On trouve un joli bout de pré, à côté d'un ruisseau et en lisière d'une forêt de sapins. C'est un beau dernier campement. Comme on est pas loin du village on aimerait se faire un resto pour trinquer à notre dernier bivouac, mais il n'y a pas grand chose de sympa à part des kebabs. Du coup on fait des bonnes courses au magasin bio et on s’organise un pique nique de luxe au bord de notre ruisseau dans le coucher de soleil. On pouvait pas rêver mieux comme resto finalement.

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Jeudi 19 Juin Jour d’arrivée

Ce matin, il nous reste seulement quelques heures de marche pour arriver à la maison. Mon père et Louis nous rejoignent à la chapelle de Mardore pour le pique nique du midi et pour prendre nos bagages comme ça on peut faire les derniers km à cru sur les chevaux avec Lou. Ils commencent à reconnaître la route du retour, et comme par magie ils ne sont plus fatigués, n’ont plus du tout mal aux pieds et ne veulent pas s'arrêter de courir malgré la chaleur.
C'est très chouette comme retour, on est tous heureux. On arrive enfin, à 16h, sous un soleil de plomb. Les chevaux sont mis dans leur pré et nous on retrouve nos habitations respectives, Lou son camion et moi ma cabane.

Quel bonheur de rentrer. C'était un voyage magnifique , on a beaucoup de chance d’avoir pu le réaliser. On a vu des paysages magnifiques, fait de belles rencontres, visité de chouettes endroits. Ça n’a pas toujours été facile mais on a surmonté les épreuves ensemble et le résultat est au rendez-vous : tout le monde est sain et sauf et en bonne santé, et c’est tout ce qui compte. Avec Lou, on est pas sures d’avoir trouvé le hameau de nos rêves ou construire notre avenir mais on a encore le temps de chercher, et ce qui est sur c’est que notre amitié s’est solidifiée et qu’on ne risque pas de se perdre de vue !
On a le coeur rempli de joie, la tête pleine de souvenir et des sourires de vainqueurs.
Vivement le prochain voyage… !


Environ 550 km parcourus à cheval !

Bravo Adélaïde & Lou

 
         
 
 
 


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